Les caractéristiques de l’entreprise 2.0 : les deux faces d’une même pièce

Christian Fauré a rédigé un billet fondateur en mai dernier sur une première introduction aux facettes de l’Entreprise 2.0.

Je reprends ici les éléments proposés pour étendre et compléter cette définition.

Le mouvement vers l’Entreprise 2.0 est constitué de deux tendances majeures intimement liées:

  • La première tendance est celle du web 2.0 où il s’agit, comme on s’en doute, de mettre du web 2.0 dans le système d’information de l’entreprise.
  • La deuxième tendance est celle du “Software as a Service“, et plus généralement des infrastructures de services, qui constitue une autre façon de consommer les technologies de l’information, avec de nouvelles offres portées par de nouveaux acteurs dans le périmètre de l’entreprise.

L’approche web 2.0 des applications est caractérisée par 3 traits bien cernés par Christian :

  • participation
  • simplicité
  • ouverture des données

C’est la face externe des applications de l’entreprise, celle visible de l’extérieur, ou la partie émergée de l’iceberg.

Intéressons-nous maintenant de plus près à la face interne des applications d’entreprise, celle des infrastructures à même de fournir les services. Elle est quant à elle caractérisée par les traits suivants, que nous allons ensuite développer :

  • services virtualisés
  • économies d’échelle
  • rapidité

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Les services virtualisés auxquels fait appel l’entreprise se découpent eux-mêmes en plusieurs catégories, dont la plupart peuvent être utilisées conjointement au sein d’un système.

Nous pouvons historiquement trouver d’abord la virtualisation du stockage des données avec les solutions de type SAN, NAS, voire DAS (du RAID donc). On ne sait plus dire a priori sur quel disque réside une donnée précise. Ces solutions comportent une forte composante hardware, à la différence de celles qui suivent.

Rapidement a émergé la virtualisation au niveau de l’OS du serveur, dont VMWare et XenSource se sont faits les champions depuis déjà plusieurs années. Ici on ne sait plus dire a priori quel OS est en train de s’exécuter sur un serveur.

Ce marché logiciel est loin d’être figé puisque Microsoft tente dernièrement une initiative dans ce domaine avec la solution Hyper-V et la participation au standard Open Virtual Machine Format (OVF), en collaboration avec Citrix (Xen).

Cette facette se prolonge désormais jusqu’à la virtualisation au niveau de l’OS du poste client. Ici on ne sait plus dire a priori sur quel OS tourne le poste client.

Plus récemment est apparue la virtualisation au niveau des serveurs d’applications, avec des solutions comme Oracle WebLogic Server Virtual Edition, HP Virtual Server Environment ou IBM WebSphere Virtual Enterprise. Dans ce cas on ne sait plus dire a priori sur quelle instance de serveur d’application s’exécute le traitement.

Enfin on peut citer dans la lignée la virtualisation de la localisation du traitement, par les technologies de type grille de calcul (grid computing). Cette fois on ne sait plus dire a priori sur quelle machine physique s’exécute le traitement.

Cette virtualisation s’est accompagnée en parrallèle de la montée en puissance de protocoles suffisamment efficaces et ouverts pour permettre à la fois leur diffusion massive dans les équipements et logiciels, mais également leur utilisation concurrente massive sur ses couches matérielles. Je veux parler bien sur ici des protocoles du W3C, http en particulier.

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Cette capacité à dépasser les limites du réseau local, alliée aux investissements en infrastructures publiques et privées pour augmenter la bande passante, ont permis la mise en œuvre d’une force économique bien connue : l’économie d’échelle, qui est notre deuxième caractéristique.

En quelques petites années, ce qui pouvait être réalisé localement au sein d’une entreprise devenait brusquement accessibles pour plusieurs entreprises qui accédaient à ce service à distance, désormais externalisé. L’effet de volume entraîne très vite une mutualisation des coûts d’infrastructure et donc un service moins coûteux pour l’entreprise qui le consomme. Les acteurs de ce marché ont donc logiquement pris le chemin du marché de masse, en privilégiant les pratiques hautement industrielles.

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La combinaison des solutions de virtualisation a donné l’image du service externalisé non-localisable a priori par l’utilisateur : c’est le cloud computing. Cette tendance du marché est lourde et soulève par essence des enjeux de concentration des acteurs pouvant prétendre à entrer sur ce marché (proposer une infrastructure mondiale sinon rien) et donc de potentiel de contrôle rapide des revenus par rente de situation (oserais-je parler de constitution de monopôle ?).

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Pour réussir son adhésion auprès du grand public, les services déployés doivent tous obéir à des impératifs industriels, et qui tous se fédèrent autour du concept de rapidité, notre troisième caractéristique.

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Tout d’abord c’est la rapidité à accéder au service et à son usage, pour les utilisateurs.

Aucune installation de composants dédiés sur le poste de travail n’est de plus nécessaire. Tout passe par le navigateur et ses plugins (y compris Flash et Gears).

Le plus souvent le fournisseur de services permet de s’affranchir de tout délai d’installation dans le système d’information de l’entreprise, bien que de la configuration puisse être nécessaire pour la mise en place d’un accès sécurisé. L’entreprise cliente bénéficie également d’une rapidité accrue du fait de l’intégration entre services externes qui serait déjà mise à disposition par les fournisseurs. Citons par exemple la récente intégration de Salesforce CRM avec Google Apps.

La rapidité c’est aussi maintenir dans la durée les excellents temps de réponse perçus de l’application, signes de sa performance.

Puis le service obéit à une logique sans faille de Mutualisation : c’est la rapidité à accepter de nouveaux clients, pour la production. Pour rentabiliser les infrastructures au plus vite, il fallait rassembler un très grand nombre d’utilisateurs, donc s’attaquer en priorité au marché grand public. C’est ainsi que naturellement sont conçues des solutions supportant en une instance de multiples contextes d’utilisation (multi-tenants en anglais), qui étaient la seule façon de répondre à très bas coût à la mise en service et à la maintenance de ces applications. C’est la facette du SaaS la plus structurante par rapport aux offres d’hébergement dédiées du service par les Application Service Providers.

Ensuite le service subit un constant Monitoring : c’est la rapidité à analyser les dysfonctionnements, pour l’exploitation. Une solution hébergée n’est viable que si elle dispose de puissants outils d’analyse et de reporting pour détecter les tendances d’utilisation et de comportement des clients. Grâce à çà, les évolutions seront plus en phase avec les pratiques des utilisateurs. Le vrai métier d’un acteur SaaS c’est de “tâter le pouls” de ses utilisateurs en quasi temps réel.

Enfin, le service s’accompagne d’Agilité : c’est la rapidité à évoluer et s’adapter au marché, pour le marketing. La conséquence de plusieurs des points précédents est qu’une solution SaaS doit faire preuve d’agilité dans l’évolution de la solution. Les développements sont incrémentaux, c’est le règne du Béta, de l’essai et de l’expérimentation permanents pour coller au plus prêt du marché et générer le plus d’innovations possibles.

Dans nos prochains billets nous explorerons, dans la continuité de ces caractéristiques proposées, les avantages et limites de cette mutation pour les applications d’entreprise. D’ici là vous pouvez lire mon billet sur Conscience Sociale à propos des enjeux concurrentiels sur la maîtrise de ces nouvelles plates-formes.

8 commentaires pour Les caractéristiques de l’entreprise 2.0 : les deux faces d’une même pièce

  1. […] Bruno Paul qui vient de l’inaugurer, et il me lance des fleurs : on ne pouvait pas rêver meilleur départ […]

  2. Net pas tres net dit :

    « J’ai reprend ici les éléments proposés pour étendre et compléter cette définition. … »
    Premier billet, première faute d’orthographe …
    Bravo Atos

  3. chuckyou dit :

    pas très français tout ça…

    J’ai reprend ici les éléments proposés pour étendre et compléter cette définition.

  4. Bruno Paul dit :

    Je vois que la concurrence est rapide à nous dénicher : bienvenue !

    Merci néanmoins pour vos remarques… sur l’orthographe, à défaut de remarques de fond. Un de nos objectifs est AUSSI de vous faire participer🙂

    A vous lire !

  5. […] parce que c’est une des composante de l’ADN du Web 2.0, à savoir l’exposition des […]

  6. […] les entreprises, et ne pas le cantonner au rang d’expérience ponctuelle. L’Agilité étant une caractéristique importante de l’Entreprise 2.0, je vais également traiter ce […]

  7. […] : Azure est l’ "externalization of IT", une tendance que nous décrivions dans notre description des caractéristiques fondamentales du Cloud Computing. Un nouveau métier pour Microsoft donc. Et c’est bien également comme nous le disions un […]

  8. […] Les caractéristiques de l’entreprise 2.0 : les deux faces d’une même pièce « Entreprise 2.0 […]

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